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Conclusion du colloque de Nîmes
par le général d'armée IRASTORZA

Il me revient de clôturer cette intéressante journée.

Je remercie Le général Windeck de son accueil et naturellement tous ceux qui ont contribué à l'organisation de ce colloque et des échanges qui s'en sont suivis.

Je me garderai de revenir sur tout ce qui a été dit pour  finalement  vous livrer quelques réflexions personnelles sur la première partie du sujet du colloque qui nous a rassemblé aujourd'hui : « Soldats au service de la Nation... » en abordant 4 points qui me tiennent à cœur :

  1. Le Pourquoi de nos engagements qui nous amènera à réfléchir sur le partage des responsabilités entre le politique et le militaire notamment en termes de communication vers nos concitoyens.
  2. Le Comment qui débouchera inévitablement sur la judiciarisation accrue de ces engagements.
  3. La motivation de nos soldats et de leurs cadres.
  4. Je conclurai sur la problématique des pertes en opération.

1/POURQUOI ?

 Vous connaissez tous cette affiche emblématique de la contestation contre la guerre du Vietnam où l'on voit un soldat fauché dans son élan, bras écartés, laissant échappé son arme et semblant implorer le ciel en hurlant une seule question : why ? Pourquoi ?

Cette question est centrale. C'est celle que se posent les Français, c'est celle que se posent nos soldats et bien sûr leurs familles éprouvées par la perte ou la mutilation d'un être cher. En fait ces dernières s'en posent systématiquement deux : pourquoi et comment ? et j'ai remarqué qu'elles ne se trompent pas lorsqu'elles les posent :

Au politique elle demandent inévitablement le Pourquoi et au militaire le Comment.

  • Monsieur le Ministre (ou le député) que faisons-nous au Liban, en Afrique, en Afghanistan ?
  • Mon général comment mon fils a-t-il été tué ?

Le bon sens populaire et les principes de notre démocratie font généralement bon ménage. Les militaires ne décident pas de partir en opérations, comme cela, de leur propre initiative au petit matin blême. Ils remplissent les missions qui leur sont confiées par le Président de la République, élu au suffrage universel et chef des armées, au nom du Peuple français. C'est donc bien au politique d'expliquer à la Nation le Pourquoi de nos engagements.

Mais je ne cesse de le répéter, les militaires français ne sont pas des Lansquenets dans leur propre pays et la motivation du soldat dépend inévitablement du sens que le chef militaire donne à son engagement, puisque par choix raisonné, et j'y reviendrai, c'est sa vie qu'il a accepté par avance de mettre dans la balance pour «  Assurer par la force des armes la défense de la patrie et les intérêts supérieurs de la Nation» ; on peut d'ailleurs y rajouter, défendre nos concitoyens où qu'ils soient menacés.

La défense du territoire national, le pré carré si cher à Vauban, et des intérêts vitaux de la nation  reste bien sûr la première raison d'être du soldat mais elle est aujourd'hui fragilisée par la disparition d'une menace mortelle à court terme clairement identifiée depuis l'effondrement du pacte de Varsovie. Le Rhin est devenu un trait d'union et les bouches de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin ne sont plus, depuis belle lurette, source de contentieux entre la France et l'Angleterre. Et puis il reste la dissuasion....

La protection de nos ressortissants, quant à elle, s'est un plutôt banalisée depuis une cinquantaine d'année au grès des soubresauts de la planète et ne fait guère polémique dans l'urgence. Ne rien faire quand on assassine serait tristement coupable.

Mais alors que fait-on là où ne se fomentent aucune menace directe contre notre pays,  où aucune menace ne pèse sur nos ressortissants ? Que fait-on par exemple en Afghanistan ? Qu'est-on allé faire en Libye ? Pourquoi sommes nous toujours au Liban ?

J'estime que la défense de nos intérêts les plus courants, j'ai presque envie de dire les plus banalement domestiques, demeure la grande absente de ce débat sur notre sécurité globale. On lui préfère de loin l'argumentaire convenu et nettement plus présentable sur les droits de l'homme et les valeurs plus fondamentales de notre humanité. S'impliquer « manu militari » là où les droits de l’homme sont menacés passe encore, mais le faire pour des motifs d'ordre énergétique, par exemple, ne serait guère convenable. Et pourtant....

Pour avoir  été malheureusement souvent confronté aux interrogations des familles de nos soldats, je suis convaincu qu'il faut tenir aux Français un langage de vérité comme nous le faisons dans l'armée de Terre pour donner du sens à l'engagement de nos soldats : « Aujourd'hui, la survie de la Nation n'est plus réductible aux seules frontières de l'hexagone ni même à celles de notre bonne vieille Europe élargie à 27. La survie de la Nation est liée à la stabilité d'un monde qui doit faciliter les échanges dont nous avons besoins pour vivre et améliorer nos conditions de vie. La France doit contribuer a à cette stabilité. Elle ne peut le faire seule mais elle doit y apporter la contribution que lui impose son histoire, sa puissance, ses valeurs et moins, prosaïquement, son statut de membre permanent du conseil de sécurité. »

Tout n'est pas que principes philosophiques. Qu'on le veuille ou pas la défense d'une Nation est inévitablement sous-tendue par des préoccupations d'ordre strictement matériel et ça, les Français sont tout à fait en mesure de le comprendre.

Les chiffres ont la tête dure et je ne suis pas certain que dans ce domaine le plus facile soit  devant nous. Quelques données statistiques pour éclairer mon propos :

  •  Nous exportons 20% de notre PIB, c'est à dire qu'un actif sur 5 travaille à l'export.
  •  Nous importons malheureusement l'équivalent de 22% de ce PIB.
  • Le déficit de notre balance commerciale est donc de -2%. (+3% en 1997) soit près de 70 milliards en 2011.
  •  En clair cela signifie que nous n'arrivons même plus à dégager les ressources pour payer ce dont nous avons besoin pour vivre. Imaginons un seul instant ce que serait notre vie quotidienne dans un monde totalement déstabilisé.
  •  Est-il bien nécessaire de  rappeller que nous importons la totalité :
    • de notre pétrole : 83Mt (29% ex URSS, 29% Afrique, 22% MO, 20% mer du Nord.) plus de la moitié vient de 4 pays : Norvège (13Mt), Russie (12Mt), Kazakhstan (11Mt) et Arabie Saoudite (10Mt).
    •  de notre gaz : 500TWh  dont plus de 80% vient de 4 pays aussi : Norvège (75 TWh), Russie (84 TWh), Algérie (75 TWh), Pays-bas (164 Twh).
    • de notre uranium (depuis la fermeture de la dernière mine en 2001) qui fournit 75% de notre électricité.
    • de notre fer dont 50% du Brésil,
    •  de notre aluminium dont 81% de Guinée,
    • de notre cuivre dont 60% du Chili.
    • de ce qu'il est convenu d'appeler les terres rares soient les 17 minerais indispensables aux produits de haute technologie dont la Chine fournit 97% des besoins mondiaux dont les 50% qu'elle conserve pour elle-même.
  •  Enfin l’épuisement annoncé d'un certain nombre de minerais, l'or, le zinc vers 2025, l'étain, le plomb vers 2030, le tantale, le cuivre vers 2040, ne devrait pas améliorer la donne.

         Bref, si nous voulons tout simplement survivre correctement au cours des prochaines années, il va absolument falloir continuer à nous impliquer dans la marche du monde et la préservation d'une stabilité permettant la poursuite d'échanges vitaux pour chacun d'entre nous. (51% des conteneurs de la planète transitent au sud de l'Inde par exemple) On peut toujours penser que d'autres plus puissants que nous le feront à notre place. C'est possible mais ils ne nous laisserons que les miettes et il y a fort à parier que ces miettes deviendront de plus en plus petites.

         La France et son petit 1% d'habitants de la planète ne pourra jamais vivre recroquevillée sur elle-même ni renoncer d'ailleurs aux valeurs dont elle se fait le héraut depuis des siècles maintenant.

Car il y a également une dimension immatérielle dans la réponse à apporter à ce Pourquoi et les Français le perçoivent bien à l'instar de cette maman d'un blessé très grave qui me disait un jour «  Mon fils n'endure quand même pas ce martyr uniquement pour des raisons économiques ». Oui le soldat français porte aussi, de par le monde, les valeurs de la République. Il en est ainsi, avec bien d'autres, le porte-voix. Lorsqu'on tient une place prépondérante dans le concert des nations, cette voix de la France doit pouvoir porter haut et fort puis, bien entendu, pour rester crédible, doit être respectée.

Enfin, vous vous souvenez sans doute de ce chapitre des « Croix de bois » de Roland Dorgeles où l'on voit les rescapés d'une attaque meurtrière ayant permis de gagner quelques mètres défiler comme des revenants et qui se termine par : « On avançait, l'ardeur aux reins, opposant à ces larmes notre orgueil de mâles vainqueurs. Allons, il y aura toujours des guerres, toujours, toujours... »

Le livre a été écrit en 1919, les événements ont donné raison au poilu de 14 et il est malheureusement plus que probable qu'il ait raison pour la nuit des temps.

2/ Ce « Pourquoi ? » est inévitablement suivi d'une seconde question : « Comment ? »

Vous me permettrez de ne pas revenir sur tout ce qui a été dit aujourd'hui et de me concentrer sur l'interrogation récurrente des familles endeuillées par la mort de nos soldats au combat : «  Comment mon fils, mon mari, mon frère a-t-il été tué ? Comment expliquez-vous que son casque en kevlar ait été percé, que les balles n'aient pas été arrêtées par son gilet pare-balles et que cette opération se soit déroulée dans une zone infestée d'ennemis ? »

Nous nous efforçons d'apporter, cartes et photos à l'appui, les réponses à ces questions légitimes mais lorsque cela ne suffit plus ou lorsque nous ne sommes pas crus, cette quête de vérité conduit inexorablement vers ce qu'il est désormais convenu d'appeler la judiciarisation des opérations.

Je me suis déjà très souvent exprimé sur ce sujet dans l’armée de terre où nos hommes et nos femmes sont quelque peu perturbés par cette intrusion du fait judiciaire dans le champ de l’action militaire tactique, ce qui nous amène à nous interroger plus encore sur l’essence même de notre engagement au service d’une cause qui nous transcende tous, le service toujours très exigeant de la Nation.

En premier lieu, et il faut que cela soit très clair, les militaires de l’armée de Terre quel qu’en soit le grade ne se sentent pas, ne se sont jamais sentis, au-dessus de lois qui les protègent tout autant quelles les obligent. Où qu’il soit déployé, le soldat français applique à la lettre les règles du droit international et national, et nos règles éthiques et comportementales si bien synthétisées dans notre code du soldat. C’est une donnée immuable de notre métier, et nous savons parfaitement qu’il n’y a jamais eu d’immunité pénale, disciplinaire ou professionnelle du militaire.

Mais nous savons également qu’il n’y a jamais eu de modèle mathématique de la guerre et que l’engagement opérationnel a toujours été soumis à de fortes contingences. Tout l’art de la tactique consiste à emporter la décision en réduisant au maximum la part du hasard et de l’impondérable, tout d’abord par une préparation opérationnelle de qualité, ensuite par une conduite raisonnée des opérations sur un terrain souvent difficile à appréhender, face à un adversaire qui n’a de cesse, bien évidemment, de contrer votre action.

Le chef tactique conduit l’action sur le terrain, au nom de la Nation voire, de plus en plus souvent, au nom de la collectivité internationale. Ce point est fondamental. Il fonde le principe même de la légitimité de l’action des armées. Il explique pourquoi, pour remplir sa mission, le chef militaire accepte de prendre des risques au combat et d’en faire prendre à ses hommes, jusqu’au sacrifice si nécessaire et d’infliger la mort à son adversaire.

Après coup, à froid et hors contexte, il est toujours facile d’analyser les causes possibles d’une mauvaise appréciation de situation ou d’une décision tactique ayant conduit au revers de fortune. Mais discerner dans la complexité, décider dans l’incertitude et agir dans l’adversité ne va pas de soi. Je reste cependant convaincu que tant que le soldat accomplira ses missions en conscience, en se souvenant à chaque instant de ce qu'il a patiemment et durement appris et acquis à l’entraînement, en un mot tant qu'il accomplira les diligences normales de l'article 17 de la loi fixant son statut, il n’aura aucune raison d’appréhender l’appréciation d’un censeur sur sa conduite au combat.

Cette évolution, comparable à celle qui existe dans quasiment tous les corps de métier, me conduit à faire un constat et à exprimer quatre appréhensions.

Cela fait longtemps maintenant que tous les insurgés de la planète ont compris que dans nos sociétés profondément marquées par le souvenir des grandes hécatombes du siècle passé, l’émotion avait tôt fait de l'emporter sur la raison. Ce véritable fait de société fait incontestablement le jeu de nos adversaires, affaiblit nos armées sur le terrain et me conduit à appréhender quatre points :

  • l’inhibition de nos soldats et de leurs cadres au point que nos unités s’en trouvent paralysées ;
  • la fragilisation de notre recrutement en cadres motivés et en soldats confiants ;
  • la fragilisation, par amertume et lassitude, de notre réseau social de solidarité, bénévole pour l’essentiel ;
  • l'affadissement de la reconnaissance de la Nation envers ceux qui sont allés au bout de leur engagement à son service.

Fort heureusement nos soldats engagés en opérations ou se préparant à y partir surmontent ces interrogations et restent très concentrées sur leur mission.

3/ Nos soldats. Ce sera mon troisième point, plus bref mais dense :

Je crois que notre pays peut s'enorgueillir à juste titre d'avoir de bons soldats, professionnellement rigoureux, enthousiastes dans l'exécution de leurs missions, volontaires dans l'adversité, courageux (nos plus jeunes décorés de la médaille militaire ont à peine 24 ans), généreux, unis par un esprit de corps et de camaraderie qui étonne souvent nos alliés.

Je n'aime guère le terme de soldat de métier, car soldat c'est bien plus qu'un métier pour reprendre le slogan de nos campagnes de recrutement. Nos soldats sont avant tout des volontaires qui savent pertinemment que « L'état de militaire exige en toutes circonstances esprit de sacrifice, pouvant aller jusqu'au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité ».

Je me souviens d'une question qui m'avait été posée à l'été 2008 après Uzbin : « On nous a dit qu'ils n'étaient même pas volontaires. Est-ce que vous trouvez ça normal ? » Bien sûr que oui ! Le soldat d'une armée professionnelle est par définition volontaire une bonne fois pour toute. Quand on a choisi ce métier on ne choisit plus ses missions sinon il faut avoir l’honnêteté changer de métier.

Par soldats j'entends tous nos hommes et femmes quels que soient le grade, le métier et surtout l'âge. Nos pertes en opérations ne connaissent ni la hiérarchie, ni les subtilités de nos différents métiers, ni l'ancienneté et encore moins l'âge. Je terminerai cette journée de réflexion en ayant une pensée pour nos soldats tués en opération ou luttant dans nos hôpitaux pour reprendre leur place parmi nous.

4/ La mort du soldat au combat n'est pas une mort ordinaire et les faits d'armes ne sont pas des faits divers.

Nos pertes en opération et notamment en Afghanistan suscitent une légitime émotion dans une opinion publique qui place au-dessus de tout la préservation de la vie mais c'est oublier un peu vite que l’histoire de notre pays « s’est faite à coups d’épée » et que notre avenir de Nation libre exigera sans doute, tôt ou tard, de nouveaux sacrifices.

C'est pourquoi nos soldats et leurs familles ont besoin du soutien durable de la Nation et non pas d’une fugace compassion au gré des événements.

Ce débat ne date pas d'aujourd'hui. Je vous renvoie, par exemple, aux « Feuilles bleu horizon » d'André Charpentier et au dialogue dans le dessin de Jean Bertin entre une grande dame, comme on disait à l'époque, et un mutilé de la Grande Guerre :

  • Mon pauvre ami ! Comme vous devez souffrir !
  • De vos jérémiades, Madame ? Oh ! Oui !!

         Souvenons-nous d'ailleurs, après les avoir pesés à l’aune des enjeux du moment et des effectifs engagés,  de ces sacrifices passés : première guerre mondiale : 1 400 000 tués, 4 300 000 blessés ; deuxième guerre mondiale : 238 000 tués, 400 000 blessés (Le 5 juin 1944 en allant se coucher Churchill dit à Lady Clementine : « Réalisez vous ma chère que d'ici à notre réveil 20 000 hommes auront probablement été tués sur les plages du débarquement ? »); guerre d’Indochine : 40 000 tués, 70 000 blessés ; guerre d’Algérie : 25 000 tués, 65 000 blessés ; Afghanistan, en 10 ans : 82 tués, 500 blessés. (49 pays engagés en Afghanistan ; 3985 soldats français sur 131 104 soit 3% des forces ; 82 tués sur 2876 soit 2,8%).

Les comparaisons avec les autres causes de mortalité dans notre pays pourraient sembler déplacées. Je les laisse à votre initiative.

Il est évident que les grandes  hécatombes du XXe siècle on conduit à un véritable rejet de la guerre et des pertes au combat et collatérales. La dissuasion nucléaire d’une part et les opérations de maintien de la paix d’autre part, l’ont subrepticement amplifié à grand renfort de slogans tels que « plutôt rouge que mort »  et de concepts séduisants comme celui de « zéro mort ».

L'effondrement du pacte de Varsovie n’a fait qu’accélérer cette évolution : le moment était venu d’engranger les dividendes de la paix.

La première guerre du Golfe allait accélérer l'évolution de notre outil de défense. Plus question désormais d’envoyer le contingent participer à des engagements lointain ne justifiant manifestement plus le sacrifice de soldats appelés. La guerre était devenue une affaire de professionnels aptes à « servir en tout temps et en tout lieu » et ayant acceptés, en conscience, les risques du métier de soldat.

Où en sommes-nous près de dix ans après la fin de la professionnalisation ? Nous avons une armée professionnelle qui tient la route mais pour les Français la vie du soldat de métier a finalement autant de prix que celle de l’appelé du contingent et la mort au combat de leurs soldats ne les laisse pas aussi indifférents qu’on a bien voulu le dire ; c’est plutôt une bonne nouvelle pour le pays et ses armées. Mais il ne faudrait pas verser dans l’excès inverse au point que nos unités et les chefs qui remplissent leur mission avec l'obsession de contenir les pertes à l’humainement et moralement acceptable, puissent s’en trouver totalement inhibés. La résilience d'une nation se mesure aussi à sa capacité à accepter le sacrifice des siens dès lors qu’il y va de « la défense de la patrie et des intérêts supérieurs de la Nation ». Reste à les apprécier ; le seuil de tolérance en découlera mais l’émotion ne doit pas l’emporter sur la raison.

« Madame, monsieur, votre fils, (votre mari, votre frère) est mort courageusement les armes à la main en faisant son métier de soldat ; il est mort en héros et nous lui devons, la Nation lui doit une reconnaissance éternelle ».

Si un jour notre pays devait bannir de son langage cette phrase si lourde de sens et d'émotion, ce jour là, il aura renoncé à toute ambition et notamment à celle de se défendre...