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Éloge de Roger Fioriofiorio roger

Celle qui aurait été le mieux à même de parler de Roger, serait Marie-Luce, qu’il a épousée en 1966, la mère de ses trois fils, Christophe, Eric, Gilles, dont il était si fier, la compagne discrète, de bon conseil, sachant mener de front son activité de professeur des écoles, l’éducation de ses enfants, ses charges de maîtresse de maison et de femme d’officier.
Marie-Luce a accompagné avec dévouement Roger pendant ses rudes années de déclin du à la maladie de Parkinson.
Roger Fiorio est né en 1936 en Algérie, à Philippeville, département de Constantine, petite ville portuaire au fond du golfe de Numidie, devenue aujourd’hui Skikda, port pétrolier, dans une famille originaire du Piémont et de Haute-Savoie. Son père, instituteur, l’oriente vers ce métier.
Bachelier à 17 ans, il est instituteur titulaire 2 ans après, dans une école du bled, isolée en bord de route.
Pas pour longtemps.
Nous sommes en 1956. La guerre d’indépendance algérienne qui ne dit pas encore son nom est en cours depuis deux ans. Roger est appelé sous les drapeaux avec la classe 56/2B et ne quittera plus l’uniforme jusqu’à sa retraite.
Aspirant après un stage à l’Ecole des Officiers de Cherchell, il demeurera affecté jusqu’en 1962, dans le secteur de Phippeville, où sa connaissance des dialectes locaux l’aidera grandement dans ses activités opérationnelles, dans des unités régulières ou à la tête d’une harka. Quatre belles citations sur sa Croix de la Valeur Militaire témoignent de ses qualités de combattant et de chef.
Laissant derrière lui l’Algérie de ses pères, le lieutenant de réserve Fiorio entame une carrière d’officier d’Active dans les Troupes de Marine, alternant séjours outre-mer, en Martinique, à la Réunion, en Centrafrique et séjours en unités d’instruction ou de formation des cadres, en particulier à l’École d’Application de l’Infanterie de Montpellier, au Groupement de Perfectionnement des sous-officiers.
Sa formation d’enseignant, son sens de l’humain, ses qualités morales et professionnelles, son dynamisme le qualifiaient tout particulièrement pour cela.
Le lieutenant-colonel Fiorio, Officier de la Légion d’Honneur, fait valoir ses droits à la retraite en 1985.
Il mène alors une vie familiale paisible, heureux de voir 4 petits-enfants, Sévric, Juline, Alix et Adèle, abonder le fleuve de la vie.
Il peut s’adonner à son jeu favori, le bridge, dans un club dont il deviendra le président et participer à bien d’autres activités, au sein de l’Amicale des Philippevillois, des Anciens des Troupes de Marine de l’Hérault dont il sera le président quelques années, ou encore président de la section Languedoc Sud des Décorés de la Légion d’Honneur au Péril de Leur Vie, membre d’autres associations.
Roger était fidèle en amitié, sachant se rendre disponible, prêt à rendre service ou à aider de ses deniers un camarade en difficulté.
On pourrait résumer sa vie en quelques mots : recevoir l’héritage, le faire fructifier pour le bien commun, transmettre les valeurs qui font les hommes de cœur.
 Prononcé par Michel Bain en l’église de Grabels le mardi 23 mars 2019