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Décédés

Les décédés de l'association des Troupes de Marine de l'Hérault (ATDM 34)

Musique "Ballade" avec l'aimable autorisation de Monsieur Daniel TASCA auteur-compositeur

DERRIEN francois

François DERRIEN

St Michel, patron des parachutistes, devait aimer François Derrien. 23 ans d’affilé dans les unités parachutistes, c’est exceptionnel.

François est né en 1938 à St Pol de Léon, dans le Finistère, où la langue bretonne était encore d’usage courant.

Son père était ouvrier agricole et maraîcher.

Nanti de son certificat d’études primaires, le  fils traversait la Manche avec son papa pour vendre au Pays de Galles, en Grande-Bretagne, les fameux oignons rosés de Roscoff, aujourd’hui en  AOC.

François avait l’esprit aventureux  et le gout du risque.  Avec l’autorisation de son père, d’accord pour canaliser son énergie, il signe un engagement de 3 ans en janvier 1957 pour le Centre d’Instruction et de Transit des Parachutistes Coloniaux à Bayonne.

Après six mois d’instruction très dense et rude, breveté parachutiste et portant fièrement  le béret rouge si convoité, ayant encore dans les oreilles le bruit des chaînes de la tour de saut de Pau, et le cri affectueux du moniteur, en bas, « Envoyez le cadavre ! »,  il est affecté  en juillet 1957 au  3ème RPima, dont la Base arrière est à Sidi Ferruch, proche d’Alger. La plupart des hommes du rang sont des appelés. Son chef, le lieutenant-colonel Bigeard,  en a fait des combattants d’élite.

Derrien est affecté à la 4ème Cie, capitaine FLORES, dit « Birhakeim »,  dans la section de l’adjudant Hubert LAME,  Grand-croix  de la Légion d’Honneur, décédé en 2018, à la longue expérience guerrière  acquise au cours  des campagnes de France et d’Allemagne et de 3 séjours en Indochine, chef qui restera pour lui un modèle.

Il participe à la brillante opération de Timimoun le 21 novembre 1957 montée par Bigeard, dans l’Adrar, dans les territoires du Sud, partie du Sahara, effectuant un saut opérationnel à Hassi Rambou, et à toutes les opérations de son régiment jusqu’en janvier 1960, en fin de contrat. Deux citations à l’ordre du régiment ornent sa Valeur Militaire,

Je cite :

« Tireur au fusil-mitrailleur calme et courageux, au cours de l’accrochage du 8 avril 1958 dans l’oued Mechra, a par la précision de son tir, neutralisé un groupe rebelle, permettant ... la récupération d’un fusil-mitrailleur. »

« Parachutiste ardent et courageux... s’est à nouveau distingué par son remarquable sang-froid le 11 octobre 1959 à Alger en ceinturant et en maîtrisant un terroriste qui cherchait à s’enfuir après avoir lancé une grenade dans la foule. »

Civil, mais pas pour longtemps, le 1ére classe DERRIEN rengage à nouveau pour la brigade Para d’Outre-mer  en juillet 1960 et enchainent les séjours loin de la métropole.

Jésus-Christ, qui, comme chacun sait, créa la coloniale, devait « l’avoir à la bonne ».

Un séjour de 2 ans et demi à la Compagnie autonome parachutiste de Brazzaville où il est affecté à la section d’Entretien et de pliage des parachutes, ou un autre adjudant David, l’impressionnera par ses prises de risque et ses défis en saut commandé.

Retour à Bayonne pour une petite année.

Le caporal DERRIEN repart en séjour de 2 ans et demi à Madagascar en avril 1964, affecté à la SEP du 5ème Bataillon de Parachutiste d’Infanterie de Marine/Ivato, fréquemment en mission de balisage de zone saut et de livraison par air. participant à quelques dégagements mémorables avec  des camarades « anciens du 3 » d’Algérie qui lui vaudront quelques jours de taule où la fête s’est poursuivie à l’aide d’un tuyau d’arrosage rempli de vin rouge et bouchonné à ses deux extrémités ! A Tananarive, il fera la connaissance de celle qui deviendra son épouse et la mère de ses enfants, Jackie Rasoampamronjy

De retour en métropole,  en septembre 1966, rengagé au 3ème RPIMA,  le caporal-chef Derrien repart à Madagascar en septembre de l’année suivante,  au 2ème Régiment de Parachutiste d’Infanterie de Marine, toujours à Ivato et toujours à la SEP.  En 1969, il épouse Jackie et demande à être libéré sur le territoire. Pris d’un remord tardif,  sa demande ayant été acceptée, il ne doit son retrait qu’à l’intervention de général Bigeard qu’il sollicite à son retour de footing matinal !

Retour au 3 et dernier séjour de 2 ans au 2ème RPIMa d’où il reviendra avec femme et enfants  en février 1973.

De rengagement en rengagement, le Caporal-chef DERRIEN, ayant refusé d’être nommé sergent par crainte d’être renvoyé dans la vie civile pour atteinte de la limite d’âge de ce grade, servira encore dix ans au 3, dans ses dernières années.

Médaillé militaire en 1980, il est président des caporaux-chefs, fonction de guide et d’animateur pour ses pairs, relai du commandement et parfois intervenant auprès de lui, les caporaux-chefs, même ou surtout parachutistes, n’étant pas toujours des anges.

A sa demande insistante,  le colonel  ROUDEILLAC le prend avec lui lorsque le 3 part au Liban en- 1983.

Le caporal-chef Derrien y est gravement blessé 

Je cite :

« Caporal-chef ancien en grade et en service, volontaire pour servir avec son régiment pour une mission de paix au Liban où depuis son arrivée, le 30 septembre 1983, s’est distingué par sa bonne humeur, son dévouement, sa rigueur et une conscience professionnelle exemplaire.

A été gravement blessé le 21 décembre 1983, lors de l’explosion d’un véhicule piégé placé à proximité du poste de commandement et a fait preuve d’une conduite héroïque dans la pure tradition des troupes aéroportées »

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec Palme

Rapatrié, soigné, ayant perdu 1 œil, après 3 ans de congé maladie, Derrien fait valoir ses droits à la retraite en 1988, totalisant 394 sauts en ouverture automatique.

Il sera fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 2000, Officier en 2010

Derrien ne coupera jamais le lien avec le 3ème RPIMA par le biais de l’Amicale des anciens du 3, sera membre du Comité d’honneur de l’Union nationale des parachutistes, de l’Amicale des Eléphants Noirs regroupant les anciens de la CAPIMA,  porte-drapeau des Médaillés Militaires et des Décorés de la Légion d’Honneur au Péril de leur Vie  et d’autres associations. Toutes associations honorées de le compter parmi leurs membres.

Participant à la peine de son épouse et de sa famille (5 enfants dont les 2 fils ont servi les Armes de la France, l’un dans les Paras « Colo », l’autre à Légion Etrangère, 10 petits enfants, 2 arrières petits-enfants à ce jour), nous, les présents, nous assurons Jackie de notre soutien, veillant à ce que cela ne soit pas qu’un mot de circonstance.

M.B

Poitevin Henri

Henri POITEVIN

Éloge prononcé par son fils Patrick POITEVIN
le 6 Novembre en l'église Saint-Etienne de Villeneuve lès Maguelone

Papa était un homme généreux, protecteur et aimant qui a donné à ses enfants les moyens de réussir. Il fut un exemple pour nous.

Né en 1933 à Villeneuve lès Maguelone Henri est parti comme il a toujours vécu : en se battant.

En 1939 lors de l’invasion allemande, il vit en alsace où son père est capturé les armes à la main. Il subit l’exode avec Jane sa mère et ses frère et sœur Christian et Monique.

En 1943 son père qui a rejoint la résistance après son évasion de Rawa Ruska est trahi et arrêté par les miliciens Français au 39 rue du nord à Figuerolle. Henri, discrètement, jette par une fenêtre l’arme de son père qui avait servi à exécuter un officier nazi puis il entraine son frère et sa sœur hors de l'appartement, sous les quolibets des miliciens français, il se précipite vers l'escalier s’arrête dans un estanco dans lequel il y a des faux papiers et les jette également dans un jardin voisin ! Il emmène ensuite la fratrie chez les pères jésuites. Il leur confie la fratrie, en leur disant « les boches ont arrêté papa ». Il reprend sa course effrénée et va chez le coiffeur et l’épicier eux aussi de la résistance. Il les avertis du danger évitant ainsi la perte du réseau.

Il a 11 ans, il vient de rentrer dans sa vie d'adulte. En 1947 il recevra la croix de guerre 39/45. Sa voie est alors toute tracée, il obtient un CAP BEP de serrurier ferronnier d'art avant de s’engager dans les troupes coloniales. Il connaîtra Madagascar, l’Algérie 3 fois, le Cameroun, le Cambodge, Tahiti, la Guadeloupe, l’Allemagne. En 1987 après 35 ans de service il prendra sa retraite et se mettra à disposition de l’UNC comme trésorier et porte drapeau et par la suite, porte drapeau des combattants volontaires de la résistance jusqu’en 2016. Parallèlement il sera intervenant du devoir de mémoire au centre d’histoire de la résistance et de la déportation de Castelnau le lez auprès de Pierre DUVIOLS.

Il sera également membre du conseil départemental des anciens combattants et assesseur au tribunal des pensions de l’Hérault.

Après une longue maladie contre laquelle il s’est battu, il est parti le 2 novembre, la tête haute, comme à son habitude. Il a rejoint son frère de sang Pierre DUVIOLS parti lui aussi 2 jours plus tôt. Après 65 ans de

Mariage, il laisse derrière lui son épouse chérie Claude, ses 3 enfants Jean-Louis, Sophie et moi-même, ses cinq petits-enfants Raphaël, Jérémie, Henri, Julie et Jonathan et ses 4 arrières-petits-enfants, Angie, Victor, Mathilde et Jude.

Nous remercions les infirmières qui ont accompagné papa ces derniers mois: Lysiane, Lydie, Cristelle, Sarah, Aurèlie, Marylène, Laurence, Caroline et sa kiné Adeline. Elles ont été formidables, un grand merci au docteur Escuroux qui est un toubib exceptionnel.

je vais vous résumer l’esprit de sa vie en vous lisant la prière des parachutistes qu’il avait faite sienne.

Je m’adresse à vous, mon Dieu

Car vous donnez Ce qu’on ne peut obtenir que de soi. Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste, Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais. Je ne vous demande pas le repos

Ni la tranquillité, Ni celle de l’ âme, ni celle du corps. Je ne vous demande pas la richesse,

Ni le succès, ni même la santé. Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement, Que vous ne devez plus en avoir ! Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste, Donnez-moi, ce que l’on vous refuse. Je veux l’insécurité et l’inquiétude Je veux la tourmente et la bagarre, Et que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement

Que je sois sûr de les avoir toujours Car je n’aurai pas toujours le courage

De vous les demander. Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste, Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas, Mais donnez-moi aussi le courage, Et la force et la foi. Car vous êtes seul à donner

Ce qu’on ne peut obtenir que de soi

Chant les oies sauvages

Fait gris sur la vie
Il manque un ami
La dame blanche l'attendait
Fait lourd sur la nuit
Quand on est saisi
Par l'avalanche des regrets
On essaie d'inventer encore un peu de sa présence
On essaie d'accepter toutes les raisons de son absence
On dit qu'il a rejoint les oies sauvages
Qui sont là-haut dans les nuages
Rassemblées sur nos destinées
Regarde, il nous a laissé ses bagages Il est parti pendant l'orage
Personne ne l’a vu s'éloigner
À chacun sa vie
On l'a souvent dit
Sans jamais vraiment le penser Il pleut de l'ennuie sur les vieux treillis
En souvenir du temps passe
Les bardes qu'il chassa résonnent encore de ses rengaines
Le ciel de Djamena est un jardin dans son domaine
Et quand on voit passer les oies sauvages
En escadrilles dans les nuages
On a parfois de drôles d'idées
Écoute, dans le sifflement des mirages
On croirait qu'elles lancent un message
C'est sûr que c'est lui qui la dicté
Apportez-nous des verres on va trinquer à nos galères
Allumer les lumières à la mémoire de notre frère
Un jour on rejoindra les oies sauvages
Et ceux qui sont mort avant l'âge
Qui nous attendent à leur côté
Ici on est simplement de passage
En transit pour le long voyage celui dont on ne revient jamais
Un jour on rejoindra les oies sauvages et ceux qui sont mort avant l'âge
Qui nous attendent à leur côté
Ici on est simplement de passage en transit pour le long voyage celui
dont on ne revient jamais...
Un jour on rejoindra les oies sauvages et ceux qui sont...

Éloge de Roger Fioriofiorio roger

Celle qui aurait été le mieux à même de parler de Roger, serait Marie-Luce, qu’il a épousée en 1966, la mère de ses trois fils, Christophe, Eric, Gilles, dont il était si fier, la compagne discrète, de bon conseil, sachant mener de front son activité de professeur des écoles, l’éducation de ses enfants, ses charges de maîtresse de maison et de femme d’officier.
Marie-Luce a accompagné avec dévouement Roger pendant ses rudes années de déclin du à la maladie de Parkinson.
Roger Fiorio est né en 1936 en Algérie, à Philippeville, département de Constantine, petite ville portuaire au fond du golfe de Numidie, devenue aujourd’hui Skikda, port pétrolier, dans une famille originaire du Piémont et de Haute-Savoie. Son père, instituteur, l’oriente vers ce métier.
Bachelier à 17 ans, il est instituteur titulaire 2 ans après, dans une école du bled, isolée en bord de route.
Pas pour longtemps.
Nous sommes en 1956. La guerre d’indépendance algérienne qui ne dit pas encore son nom est en cours depuis deux ans. Roger est appelé sous les drapeaux avec la classe 56/2B et ne quittera plus l’uniforme jusqu’à sa retraite.
Aspirant après un stage à l’Ecole des Officiers de Cherchell, il demeurera affecté jusqu’en 1962, dans le secteur de Phippeville, où sa connaissance des dialectes locaux l’aidera grandement dans ses activités opérationnelles, dans des unités régulières ou à la tête d’une harka. Quatre belles citations sur sa Croix de la Valeur Militaire témoignent de ses qualités de combattant et de chef.
Laissant derrière lui l’Algérie de ses pères, le lieutenant de réserve Fiorio entame une carrière d’officier d’Active dans les Troupes de Marine, alternant séjours outre-mer, en Martinique, à la Réunion, en Centrafrique et séjours en unités d’instruction ou de formation des cadres, en particulier à l’École d’Application de l’Infanterie de Montpellier, au Groupement de Perfectionnement des sous-officiers.
Sa formation d’enseignant, son sens de l’humain, ses qualités morales et professionnelles, son dynamisme le qualifiaient tout particulièrement pour cela.
Le lieutenant-colonel Fiorio, Officier de la Légion d’Honneur, fait valoir ses droits à la retraite en 1985.
Il mène alors une vie familiale paisible, heureux de voir 4 petits-enfants, Sévric, Juline, Alix et Adèle, abonder le fleuve de la vie.
Il peut s’adonner à son jeu favori, le bridge, dans un club dont il deviendra le président et participer à bien d’autres activités, au sein de l’Amicale des Philippevillois, des Anciens des Troupes de Marine de l’Hérault dont il sera le président quelques années, ou encore président de la section Languedoc Sud des Décorés de la Légion d’Honneur au Péril de Leur Vie, membre d’autres associations.
Roger était fidèle en amitié, sachant se rendre disponible, prêt à rendre service ou à aider de ses deniers un camarade en difficulté.
On pourrait résumer sa vie en quelques mots : recevoir l’héritage, le faire fructifier pour le bien commun, transmettre les valeurs qui font les hommes de cœur.
 Prononcé par Michel Bain en l’église de Grabels le mardi 23 mars 2019
Gérard Diseur

Né en 1936 Gérard DISEUR s’est engagé au GITDM (Fréjus) et a rejoint l’école d’Infanterie à Saint Maixent-l’École. Jeune sergent il sert au 21ème et 4ème RIC principalement en Allemagne et en Algérie (1956/1958).

Il est titulaire de la Croix du Combattant, de la Croix de la Valeur Militaire avec étoile de bronze et du titre de la reconnaissance de la nation.

A partir de 1958 il occupe les fonctions de directeur commercial dans plusieurs sociétés pétrolières. Homme dynamique, profondément engagé pour les valeurs de notre pays, son histoire et ses racines.

Hommage & rappel de carrière de l’adjudant-chef Guy Meunier

 Meunier guy

Le 3 juillet 2018 à Lauras

Les photos de la cérémonie
Crédits photos Michel BAIN (dscf...), Serge RESBEUT (img...) Daniel VERIN (p703000.)

 Au nom de notre Amicale des Troupes de Marine de l’Hérault et de la section Languedoc-sud des Décorés de la Légion d’Honneur dont l’adjudant-chef Guy Meunier était membre, nous présentons nos condoléances à la famille de Guy MEUNIER ; à Maïté, son épouse, à son fils Guy, à ses filles, Béatrice et Fabienne, à son petit-fils Xavier et je les remercie d’avoir bien voulu nous permettre de lui rendre un dernier hommage.

 Il y a presque deux ans, l’adjudant-chef Guy Meunier était élevé à la dignité de Grand Officier de l’Ordre National du Mérite par le général d’Armée Elrick Irastorza, ancien chef d’état-major de l’Armée de terre.

Beaucoup d’entre vous, présents aujourd’hui, étaient avec lui pour partager l’honneur et la joie de notre camarade.

 Voici une partie de l’intervention du général :

 « ...Rendre hommage à l'adjudant-chef Guy Meunier, c'est regarder en face toute une tranche de notre histoire nationale dont nous n'avons pas à rougir, et former le vœu que si nous devions par malheur renouer avec des temps difficiles, il puisse se trouver toujours, en France, des soldats pour en assurer la pérennité, en défendre les ressortissants et les intérêts majeurs où qu'ils soient menacés ou, tout simplement, cette terre héritée de nos aïeux.

Guy Meunier est né en 1928 à Châteauroux...Il a donc 12 ans quand les Allemands descendent les Champs Élysées et 14 lorsqu'ils envahissent la zone libre.

A une époque où on ne devait pas être trop regardant sur l'âge, il s'engage le 19 août 1944 au titre du 2e Régiment de Haute-Garonne et passe rapidement caporal.

Mais son destin est ailleurs et il se porte volontaire pour l’Extrême Orient où il débarque avec le 35e RI en février 1947. Il n'a pas encore 19 ans.

D'emblée, il se distingue pour son calme et son sang froid au combat comme dans la vallée de Song Glang où, pris sous un violent tir de mortier, il repousse une bande vietminh à grande rafales de fusil mitrailleur. Quelques semaines plus tard à My Thung, il contribue activement à la destruction d'un comité exécutif régional. Mais on ne gagne pas les citations comme cela et il lui faudra attendre février 48 pour obtenir la première d'une exceptionnelle série. A l'été de la même année, il rejoint le 21e Régiment d'Infanterie coloniale et ne quittera plus la grande famille des Marsouins.

Encore deux citations puis il rentre en France pour 18 mois avant de repartir en Indochine à l'été 1951. Et de nouveau les combats s’enchaînent dans la région de Hué et Truoi. Début 1953, en quelques mois, 3 nouvelles citations dont une palme, les galons de sergent-chef et la Médaille militaire à 25 ans, viennent récompenser les infiltrations sans fin dans une jungle hostile, les combats acharnés contre un ennemi implacable et de remarquables qualités de meneur d'hommes dans les situations les plus exigeantes. Et tandis que se profile la fin des hostilités vous ne baissez pas les bras et, en mai 1954, vous lancez votre compagnie de supplétifs trois fois à l'assaut pour récupérer un de vos sous-officier blessé. Une septième citation témoigne de cet attachement profond aux hommes que vous menez au combat.

La page indochinoise tournée, sauf dans votre cœur de soldat en mémoire de vos 75 000 camarades de l'Union française tombés là-bas, vous repartez moins de 4 mois plus tard pour l'Algérie.

Combattant d'un courage remarquable, vous traquez l'ennemi de nuit comme de jour lui infligeant des pertes sévères et obtiendrez trois nouvelles citations mettant en exergue votre audace dans les terrains les plus difficiles et votre allant à la tête de vos hommes.

Vous rentrez en Métropole le 6 août 1960 et êtes fait chevalier de la Légion d'honneur, ce qui a 32 ans est tout à fait exceptionnel pour un adjudant !

Encore quelques années à bourlinguer à Madagascar et Djibouti puis ce sera la retraite et une vie nouvelle.

Commandeur de la Légion d'honneur depuis 2009, titulaire de la Médaille militaire et de 10 citations, vous voilà désormais, entouré de votre épouse, de vos enfants et petit enfant, élevé par la République à la dignité de Grand Officier de l'Ordre National du Mérite.

Mon Adjudant-chef, c'est toujours un honneur pour les officiers des générations suivantes de témoigner à des soldats tels que vous la reconnaissance d'une République qui n'est pas si oublieuse qu'on veut bien le dire parfois. »

Je suis sûr qu'en cet instant vous avez une pensez pour vos compagnons de combats et notamment tous ceux que vous avez laissés sur le bord de cette piste sans fin, morts pour la France mais toujours vivants dans nos cœurs. Permettez-moi d'y associer tous les soldats de nos engagements plus récents et de dire notre confiance à tous ceux qui aujourd'hui n'ont finalement pas d'autre ambition que de suivre votre exemple pour que vive la France ! ... »

 Pour nous tous, Guy Meunier était l’archétype de l’adjudant-chef de la Coloniale et des Troupes de Marine, de ceux que l’humour militaire classe au-dessus de Dieu ; aventurier, baroudeur au grand cœur, n’hésitant pas à prendre des risques, détestant les planqués dans les bureaux et les hypocrites parmi lesquels il incluait quelques politiques, et parfois même quelques-uns de ses supérieurs ; impressionnant par sa densité physique et son regard vif et inquisiteur, il est toujours resté pour nous un ami fidèle, un joyeux compagnon appréciant la plaisanterie et les bons mots.

 Lors de son engagement, il avait en poche son bac 1ère partie. Il aurait pu devenir officier mais, aux stages dans les Écoles militaires, il préférait nettement la vie de terrain, de bagarre, l’exotisme et être, ce qu’il était : un grand parmi les petits ; Un adjudant-chef !

 Guy nous te souhaitons d’être bien accueilli dans l’une des maisons du Père

 A Dieu, mon adjudant-chef.

P.C

Quelques écrits de Guy MEUNIER :

Récit d’un combat en centre Annam (secteur de TOURANE) avec la « grogne » d’un vieux soldat par Guy Meunier
INDOCHINE 1954, la belle défense du poste 43 par l’adjudant-chef Guy Meunier

Sur le site :
Notre Adjudant-Chef a rejoint ses compagnons d'armes (crédit photo Vincent Rabot)
Adc Guy Meunier Indochine